Accident de voiture sur la neige : comment êtes-vous couvert ?

Sommaire
Une plaque de verglas ne se voit pas et une glissade de deux secondes suffit pour finir dans le fossé. Dans une telle situation, trois questions vous viennent immédiatement à l’esprit. Êtes-vous responsable du sinistre ? Êtes-vous couvert quand c’est l’état de la route qui est en cause ? Et qui paye les réparations ? On vous aide à y voir plus clair.
Perte de contrôle sur verglas : que faire dans les minutes qui suivent ?
Vous venez de perdre le contrôle de votre véhicule après avoir glissé sur une plaque de verglas ? Voici les bons réflexes à adopter.
Mettez-vous en sécurité et signalez le danger
Votre voiture immobilisée sur la chaussée devient un obstacle pour ceux qui arrivent derrière. Alors, avant de constater les dégâts, pensez à sécuriser les lieux. La Sécurité routière résume la conduite à tenir en trois mots : protéger, alerter, secourir.
- Allumez vos feux de détresse, et dégagez le véhicule si vous le pouvez encore, sans gêner l'accès des secours.
- Enfilez votre gilet avant d'ouvrir la portière : il est obligatoire dès que vous quittez un véhicule immobilisé sur la chaussée ou ses abords, et c'est pour cela qu'il doit être rangé à portée de main (Source : service-public.gouv.fr).
- Mettez vos passagers à l'abri, hors de la chaussée, puis prévenez les secours.
- Signalez le danger à l’aide du triangle de présignalisation, mais pas à n'importe quel prix : vous n'êtes pas tenu de le poser si vous estimez que cela met votre vie en danger, et la Sécurité routière en déconseille vivement l'usage sur autoroute. Sur chaussée verglacée, marcher le long de la voie est ce qu'il faut éviter.
Récoltez des preuves pour constituer votre dossier d’indemnisation
Dès que vous le pouvez, prenez des photos et/ou des vidéos de la plaque de verglas sur laquelle vous avez glissé. Après quelques heures, le verglas disparaît avec le soleil ou le passage d'une saleuse, et la preuve avec lui.
Photographiez un maximum d’éléments
La chaussée sous plusieurs angles, la position finale du véhicule, la signalisation présente ou absente, le point kilométrique, les coordonnées des témoins. Faites-le avant l'arrivée de la dépanneuse : une fois le véhicule enlevé et le verglas fondu, la scène n'existe plus. Ces éléments serviront à votre assureur, puis à un éventuel recours contre le gestionnaire de la voie.
En présence d'un autre véhicule, remplissez un constat amiable. En l'absence de tiers, la déclaration se fait sans constat contradictoire : c'est une déclaration circonstanciée, où vous décrivez vous-même les faits.
Dans les deux cas, l'accident se déclare à votre assureur dans les 5 jours ouvrés, une déclaration tardive pourrait entraîner un refus de garantie (Source : service-public.gouv.fr).
Verglas : êtes-vous automatiquement responsable ?
L'article R413-17 du Code de la route stipule que les vitesses maximales autorisées ne valent que dans des conditions optimales de circulation, et qu'elles ne dispensent en aucun cas le conducteur « de rester constamment maître de sa vitesse et de régler cette dernière en fonction de l'état de la chaussée, des difficultés de la circulation et des obstacles prévisibles ».
Le même texte impose de réduire l'allure dès que la route « risque d'être glissante ». Rouler à la vitesse autorisée ne suffit donc pas : la vitesse adaptée est celle qui vous laisse maître du véhicule, et c'est à vous de l'estimer. Concrètement, la Sécurité routière préconise d'« éviter toute manœuvre brutale : direction, accélération, freinage », et recommande de repérer les zones délicates où le verglas se forme en premier : ponts, sous-bois, zones ombragées ou humides. Nos conseils pour rouler sur le verglas détaillent le reste.
Ce que votre assureur en conclut
En l’absence de tiers, votre assureur traite le sinistre en accident responsable, même sans faute de conduite caractérisée. Les conséquences sont mécaniques : franchise déduite de l’indemnisation, et malus à l’échéance suivante. Chaque accident responsable entraîne une majoration de 25 % du coefficient de bonus-malus. Nous détaillons l’impact d’un accident responsable sur votre malus dans un article dédié.
Si un tiers est impliqué, la répartition des torts est définie par le constat, et celui qui perd le contrôle et vient heurter un véhicule sur sa voie porte, presque toujours, la responsabilité.
Invoquer la force majeure ne sert généralement à rien car elle suppose un événement imprévisible, quand un risque de gel en saison froide est précisément l’obstacle prévisible que le Code de la route demande d’anticiper. Les circonstances peuvent compter malgré tout, et une plaque isolée sur une chaussée sèche par ailleurs, sans aucune signalisation, ne pèse pas comme une perte de contrôle à vive allure un matin froid d’hiver : elles n’effacent pas votre responsabilité vis-à-vis de l’assureur, mais elles peuvent servir pour tenter un recours contre le gestionnaire de la voie.
Défaut de salage : peut-on se retourner contre la commune ?
Oui, c’est même le principal recours quand l’état de la voie est en cause. Attention toutefois : cette démarche s’ajoute à votre déclaration de sinistre, elle ne la remplace pas. Voici nos conseils.
À qui s’adresser ?
L’entretien de la chaussée est réparti selon le type de route :
- La commune gère les voies communales ;
- Le département gère les routes départementales, à travers son conseil départemental ;
- L’État gère les routes nationales ;
- Sur autoroute, la responsabilité revient à la société qui l’exploite en concession.
Le numéro de la route et le point kilométrique identifient l’administration compétente, et une erreur de destinataire fait perdre du temps dans le traitement de votre demande.
Que recouvre le « défaut d’entretien normal » ?
Le Cerema, l’établissement public d’expertise de l’État sur les infrastructures de transport, résume ainsi la jurisprudence administrative : il y a défaut d’entretien normal lorsque le gestionnaire n’a, compte tenu des moyens dont il disposait, ni supprimé ni signalé un danger qui dépassait ceux auxquels un usager doit normalement s’attendre et contre lesquels il lui revient de se prémunir.
Par exemple, un panneau indiquant la nature réelle du danger peut suffire à dégager le gestionnaire, même sans salage.
Et si le verglas ordinaire d’une matinée d’hiver fait partie des risques qu’un conducteur doit anticiper, en revanche, un écoulement d’eau récurrent qui gèle toujours au même endroit peut faire partie des cas qui dépassent ce à quoi il peut « normalement » s’attendre.
Le juge regarde donc d’où venait le verglas, c’est-à-dire, s’il était prévisible au vu de la météo ou du caractère sensible de la zone, et quelles mesures ont été prises en temps utile. Un défaut de salage sur une route habituellement salée peut être invoqué, mais aucune loi n’impose de saler en permanence : si le bulletin de la veille ne prévoyait aucun risque de gel, l’absence de salage préventif ne suffit pas.
Qui doit prouver quoi ?
C’est à la victime d’apporter la preuve de son préjudice et du lien entre l’ouvrage et le dommage en présentant des photos, des témoignages, le bulletin météo du jour.
C’est ensuite au gestionnaire de prouver qu’il a normalement entretenu la voie, en produisant ses relevés de patrouille et ses interventions. S’il n’en a pas gardé la trace, l’absence de preuve équivaut juridiquement à une absence d’action.
Attention toutefois. Dans les décisions rendues sur des accidents en présence de verglas, la responsabilité du gestionnaire est engagée en tout ou partie dans la moitié des cas, mais le plus souvent en partage avec l’usager. La vitesse jugée excessive au regard des circonstances est la faute qui revient le plus souvent ; le juge examine aussi l’état des pneus, l’équipement du véhicule et la connaissance que le conducteur avait de la route.
Bon à savoir
Avant d’engager des frais, vérifiez votre garantie « protection juridique » : selon les contrats, celle de votre assurance auto ou de votre contrat d’habitation peut prendre en charge la procédure.
Quelle prise en charge par votre assurance ?
La prise en charge dépend de trois choses : votre contrat, vos garanties et les circonstances.
Votre contrat d’assurance auto
Si vous êtes assuré au tiers et tenu pour responsable, votre assurance couvre uniquement les dommages causés aux tiers, et les dégâts subis par votre véhicule ne sont pas remboursés (Source : service-public.gouv.fr) : sur une perte de contrôle sans autre véhicule impliqué, les réparations restent à votre charge.
Avec la garantie dommages tous accidents, généralement intégrée aux formules tous risques, vous êtes indemnisé, comme le précise service-public.gouv.fr, pour les dommages subis par votre véhicule au cours d’un accident, avec ou sans collision, et même si c’est vous le responsable. La franchise prévue au contrat est alors déduite de la somme versée.
Les garanties souscrites et leurs modalités
Toutes les assurances auto ne vous couvrent pas en cas d’accident sur du verglas. Deux garanties font toute la différence :
- La garantie dommages tous accidents : elle couvre les dommages matériels de votre propre véhicule quand vous êtes responsable ;
- La garantie dommages corporels du conducteur : elle vous indemnise vous, en cas de dommages corporels.
Peuvent s’ajouter à ces deux garanties : l’assistance dépannage et le bris de glace.
Une précision qui évite une mauvaise surprise : le régime des catastrophes naturelles ne s’applique pas ici, faute d’arrêté publié au Journal officiel pour un épisode de gel ordinaire.
Les circonstances de l’accident
Les circonstances de l’accident comptent dans votre indemnisation. En cas de pneus non conformes à l’obligation d’équipement hivernal par exemple, l’assureur peut réduire ou refuser de vous indemniser. De même en cas de conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, de permis non valable ou de faute intentionnelle.
Et si vous êtes blessé ? Les dommages corporels
Un accident hivernal entraîne généralement des dégâts matériels, mais peut aussi provoquer des blessures physiques.
Dans une telle situation, plusieurs options sont possibles :
- Les tiers (personnes transportées et autres usagers) sont des victimes indemnisées par votre responsabilité civile, présente dans tous les contrats d’assurance auto ;
- Vous, en revanche, n’êtes pas indemnisé automatiquement quand vous êtes responsable : c’est une garantie distincte qui prend le relais, et selon les assureurs elle figure dans le contrat auto ou fait l’objet d’un contrat à part.
La garantie personnelle du conducteur permet d’être indemnisé pour les blessures du conducteur après un accident, même s’il est responsable ou si aucun responsable n’est identifié (Source : service-public.gouv.fr). Elle couvre, selon les contrats, les frais médicaux, l’incapacité temporaire ou permanente et le décès, avec un plafond d’indemnisation et parfois un seuil d’intervention.
L’assistance dépannage après une sortie de route
La garantie assistance dépannage permet à votre assureur d’envoyer une dépanneuse et de faire remorquer votre véhicule jusqu’au garage le plus proche, dans la limite de prise en charge prévue au contrat.
Et contrairement à une idée répandue, la distance ne joue pas contre vous. Le seuil dont on entend parler (souvent 50 kilomètres du domicile) ne vaut que pour la panne. Un véhicule immobilisé par un accident est pris en charge quelle que soit la distance, même à trois kilomètres de chez vous : la plupart des contrats écartent expressément la franchise kilométrique dans ce cas. C’est une confusion qui fait renoncer des assurés pourtant couverts, et la réponse se lit à la rubrique assistance de vos conditions générales.
La garantie bris de glace
La garantie bris de glace n’est pas systématiquement incluse et doit le plus souvent être souscrite en option. Elle vise le pare-brise, les vitres latérales et la lunette arrière, parfois les blocs optiques ou le toit ouvrant, et elle est presque toujours assortie d’une franchise, parfois différente de celle de vos autres garanties.
La franchise, ce qui reste vraiment à votre charge
Même bien assuré, l’accident responsable laisse deux traces : le malus, qui s’étale sur les années suivantes, et la franchise, que vous payez tout de suite.
La franchise est la somme qui reste à votre charge après l’indemnisation de l’assureur : elle vient en déduction de la somme versée, et son montant dépend de votre contrat.
Chaque garantie du contrat a sa propre franchise : celle du bris de glace n’est pas celle des dommages tous accidents.
Votre assurance déduit la franchise ? Sous conditions, Roole vous la rembourse jusqu’à 500 €.
Une plaque de verglas ne se voit pas, ne s’anticipe pas toujours, et pourtant, aux yeux de l’assurance, c’est vous le responsable. Réparations, franchise, malus sont des frais imprévus que vous pouvez être amené à débourser. Sur la franchise au moins, il existe une solution simple.
Roole rembourse votre franchise après un accident sur verglas
Votre assureur reste votre assureur. Roole se place après lui, en complémentaire auto, sur les frais qu’il vous laisse une fois les réparations réglées.
Le Pack Zéro Franchise prévoit deux garanties non cumulables en cas de perte de contrôle sur chaussée verglacée :
- Le rachat de franchise, jusqu’à 500 €, intervient quand votre assureur indemnise les dommages de votre véhicule et vous laisse la franchise prévue au contrat. Il vise l’accident responsable, mais aussi l’accident non responsable sans tiers identifié ;
- L’aide aux réparations, jusqu’à 500 €, s’adresse au véhicule garanti au tiers auprès de son assureur de premier rang. C’est la situation la plus douloureuse : sur une perte de contrôle sans tiers, ce contrat ne finance rien, et l’aide intervient sur présentation du refus de prise en charge émis par l’assureur.
Pour être bien pris en charge, le sinistre doit avoir été déclaré à votre assureur auto, et il doit l’être à Roole dans un délai de 5 jours ouvrés. Les pièces sont celles que vous avez déjà : le constat ou la déclaration circonstanciée, la prise en charge de l’assureur précisant le montant de la franchise, et la facture des réparations. La déclaration se fait depuis votre compte personnel en ligne, et une fois le dossier complet, le remboursement intervient sous 48 heures.
Pourquoi adhérer au Pack Zéro Franchise
Roole se superpose à votre contrat existant sans y toucher : ni résiliation, ni changement de garantie.
L’adhésion se fait à 13 €/mois, sans engagement, pour un véhicule, et les garanties prennent effet après un délai de carence de 15 jours.
Le verglas n’est qu’un cas parmi d’autres : d’autres sinistres ouvrent la même garantie, dans les conditions prévues au contrat.
Adhérez en quelques minutes et abordez la saison froide sans reste à charge.
FAQ : Questions fréquentes sur le sujet
1. Suis-je responsable si je glisse sur une plaque de verglas ?
Dans la quasi-totalité des cas, oui. Le Code de la route impose de rester maître de sa vitesse et de l’adapter à l’état de la chaussée et aux obstacles prévisibles. Sans tiers, l’assureur qualifie donc la perte de contrôle en accident responsable, avec franchise et malus à la clé.
2. Peut-on porter plainte ou se retourner contre la commune après un accident dû au verglas ?
Il ne s’agit pas d’une plainte, mais d’un recours indemnitaire devant la juridiction administrative, contre le gestionnaire de la voie : la commune pour une voie communale, le département pour une route départementale, l’État pour une nationale, la société qui exploite l’autoroute pour un réseau concédé. Il repose sur le défaut d’entretien normal, un danger anormal ni supprimé ni signalé, et commence par une demande adressée à l’administration.
3. Le verglas est-il considéré comme un cas de force majeure ?
Non lorsqu’il était prévisible, ce qui est le cas le plus fréquent. La force majeure suppose un événement imprévisible et irrésistible, quand un risque de gel en saison froide entre dans les obstacles prévisibles à anticiper.
4. Qui paye la franchise après un accident sur verglas ?
L’assuré. Quand c’est votre propre garantie qui indemnise, la franchise est déduite de la somme versée, et aucun recours n’est possible puisqu’il n’y a pas de tiers. Seule une garantie de rachat de franchise souscrite en complément peut la reprendre : le Pack Zéro Franchise de Roole la rembourse jusqu’à 500 €, sous conditions.
5. Mon assurance couvre-t-elle un accident sur la neige si je n’ai pas de pneus hiver ?
Les dommages causés à un tiers restent couverts par votre responsabilité civile en toutes circonstances. Pour vos propres dommages matériels, l’absence d’équipement obligatoire là où la loi Montagne l’impose est une infraction, sanctionnée par une amende fixée par la réglementation, et ce manquement peut vous être opposé lors de l’expertise.
6. Quelles sont les obligations en matière d’équipements hivernaux ?
Entre le 1er novembre et le 31 mars, dans les communes désignées par arrêté préfectoral au sein des massifs montagneux (Alpes, Corse, Massif central, Jura, Pyrénées, Vosges), la loi Montagne impose 4 pneus hiver, ou des chaînes ou chaussettes à neige pour deux roues motrices. Les pneus hiver portent conjointement le symbole alpin et l’un des marquages M+S, M.S ou M&S.



